Havane, dimanche 25 de juin de 2017 11:33 am

Déclaration du Gouvernement révolutionnaire du 16 juin 2017

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Déclaration du Gouvernement révolutionnaire du 16 juin 2017Le 16 juin 2017, le président des États-Unis, Donald Trump, dans un discours à la rhétorique hostile rappelant l’époque de la guerre ouvertement déclarée contre notre pays, prononcé dans un théâtre de Miami, a dévoilé la politique de son gouvernement vis-à-vis de Cuba, qui annule les progrès enregistrés ces deux dernières années à la suite de la décision annoncée par les présidents Raul Castro Ruz et Barack Obama, le 17 décembre 2014, de rétablir les relations diplomatiques et de s’engager sur la voie de la normalisation des liens entre les deux pays.

Dans ce qui constitue un recul dans les relations entre les deux pays, Trump a prononcé un discours et signé, lors de cette même cérémonie, une directive politique dénommée « Mémorandum présidentiel de Sécurité nationale sur le renforcement de la politique des États-Unis envers Cuba », qui prévoit la suppression des échanges éducationnels « de peuple à peuple », à titre individuel, renforce le contrôle des voyageurs de ce pays à destination de Cuba, et interdit les transactions économiques, commerciales et financières de sociétés étasuniennes avec différentes entreprises cubaines liées aux Forces armées révolutionnaires et aux services de renseignement et de sûreté, le tout dans le but de priver notre pays de revenus. Pour justifier cette nouvelle politique, le président des États-Unis a avancé comme prétexte son inquiétude  devant la situation des droits de l’Homme à Cuba et la nécessité d’appliquer rigoureusement les lois du blocus, dont la levée, ainsi que toute amélioration des relations bilatérales seront conditionnées aux changements que notre pays devra opérer dans son ordre constitutionnel.  

Trump a également abrogé le décret de politique intitulé : « Normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba », émis par le président Obama le 14 octobre 2016. Ce décret, tout en n’occultant pas les visées interventionnistes de la politique étasunienne ni la volonté de la Maison-Blanche de promouvoir des changements dans l’ordre économique, politique et social de notre pays, reconnaissait toutefois, d’une part, l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination de Cuba, et, d’autre part le gouvernement cubain comme un interlocuteur légitime sur un pied d’égalité, ainsi que les avantages qu’une coexistence civilisée procurerait aux deux pays et aux deux peuples, malgré les grandes différences existant entre leurs gouvernements. Le décret admettait aussi que le blocus devait être éliminé en tant que politique anachronique.

Une nouvelle fois, l’administration des États-Unis revient aux méthodes coercitives du passé et adopte des mesures qui durcissent le blocus en vigueur depuis février 1962, lequel non seulement inflige des dommages et des privations au peuple cubain et constitue un obstacle indéniable au développement de notre économie, mais viole également la souveraineté et les intérêts de pays tiers, ce qui suscite une réaction de rejet international.

Les mesures annoncées imposent des entraves supplémentaires aux opportunités très limitées dont bénéficiaient les entreprises étasuniennes pour faire du commerce et investir à Cuba.

Par ailleurs, elles restreignent encore plus le droit des Étasuniens à visiter notre pays, déjà limité du fait de l’obligation de demander des autorisations discriminatoires, alors que le Congrès de ce pays, reflétant la volonté de vastes secteurs de cette société, réclame la levée non seulement de cette prohibition aux voyages, mais aussi des restrictions imposées au commerce avec Cuba.

Les mesures annoncées par le président Trump contredisent l’opinion publique étasunienne, notamment celle de l’émigration cubaine, qui soutient dans sa majorité la levée totale du blocus et l’instauration de relations normales entre Cuba et les États-Unis.

Au contraire, de nouveau mal conseillé, le président étasunien adopte des décisions favorables aux intérêts politiques d’une minorité extrémiste d’origine cubaine implantée dans l’État de la Floride qui, motivée par des intérêts mesquins, ne renonce pas à sa prétention de vouloir punir le peuple cubain pour avoir exercé son droit légitime et souverain d’être libre et avoir pris en main son propre destin.

Plus tard, nous analyserons plus en profondeur la portée et les implications de cette annonce.

Le gouvernement cubain dénonce les nouvelles mesures visant à durcir le blocus, lesquelles sont vouées à l’échec, comme le passé l’a démontré à maintes reprises, et ne parviendront pas à affaiblir la Révolution ni à faire plier le peuple cubain, qui a fait la preuve, pendant presque soixante ans, de sa capacité de résistance aux agressions, de quelque type ou origine que ce soit.

Le gouvernement cubain rejette la manipulation à des fins politiques et le double standard dans le traitement des droits de l’Homme. Le peuple cubain jouit des droits et libertés fondamentales, et affiche des acquis dont il se sent fier et qui sont une chimère dans de nombreux pays du monde, y compris aux États-Unis, tels que le droit à la santé, à l’éducation, à la sécurité sociale, le droit à un salaire égal à travail égal, les droits de l’enfant, le droit à l’alimentation, à la paix et au développement. Avec ses modestes ressources, Cuba a aussi contribué à améliorer les droits de l’Homme dans de nombreux endroits du monde, et en dépit des limitations que lui impose sa condition de pays soumis à un blocus.

Les États-Unis ne sont pas en droit de nous faire la leçon. Nous sommes sérieusement préoccupés, pour notre part, devant la façon dont les droits de l’Homme sont respectés et garantis dans ce pays, qui connaît de nombreux cas d’assassinats, de brutalités et d’abus de la police, notamment contre la population afro-étasunienne ; où le droit à la vie est violé à cause des morts par armes à feu ; où l’on peut constater le travail des enfants et de graves manifestations de discrimination raciale ; où les services de santé sont menacés de nouvelles restrictions qui laisseraient vingt-trois millions de personnes sans assurance-maladie ; où il existe des inégalités salariales entre les hommes et les femmes ; où les émigrants et les réfugiés, notamment ceux provenant de pays islamiques, sont marginalisés ; où l’on prétend ériger des murs conçus pour dénigrer les voisins ; et où les dirigeants désavouent des engagements internationaux visant à préserver l’environnement et à faire face au changement climatique.

Nous sommes tout aussi inquiets devant les violations des droits de l’Homme que les États-Unis commettent dans d’autres pays, comme la détention arbitraire de dizaines de personnes sur le territoire qu’ils occupent illégalement dans la base navale de Guantanamo à Cuba, où il y a eu des cas de tortures ; devant les exécutions extrajudiciaires et les morts de civils par bombes et drones interposés ; et devant les guerres déclenchées contre des pays comme l’Irak, fondées sur des mensonges tels que l’existence d’armes de destruction massive, avec toutes les conséquences néfastes pour la paix, la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

Nous rappelons que Cuba est État-partie à quarante-quatre instruments internationaux sur les droits de l’Homme, alors que les États-Unis ne le sont qu’à dix-huit, de sorte que nous avons beaucoup à montrer, à dire et à défendre.

En confirmant leur décision de renouer les relations diplomatiques, Cuba et les États-Unis ont ratifié leur intention de développer des liens de respect et de coopération entre leurs peuples et gouvernements, conformément aux buts et principes consacrés dans la Charte des Nations Unies. Dans sa Déclaration du 1er juillet 2015, le Gouvernement révolutionnaire de Cuba a réaffirmé : « Ces relations devront reposer sur le respect absolu de notre indépendance et de notre souveraineté, sur celui du droit inaliénable de tout État de choisir son système politique, économique, social et culturel, sans aucune ingérence de quelque nature qu’elle soit ; de l’égalité souveraine et de la réciprocité, tous principes incontournables du droit international », qui ont été d’ailleurs entérinés par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) lorsqu’ils ont signé à La Havane, à leur 2e Sommet, la Proclamation faisant de l’Amérique latine et des Caraïbes une Zone de paix. Cuba n’a pas renoncé à ces principes et n’y renoncera jamais.

Le gouvernement cubain réitère sa volonté de poursuivre le dialogue respectueux et la coopération dans des domaines d’intérêt mutuel, ainsi que de discuter des questions bilatérales en suspens avec le gouvernement des États-Unis. Ces deux dernières années ont prouvé que les deux pays pouvaient coopérer et coexister de manière civilisée, comme l’a signalé à plusieurs reprises le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de Cuba, Raul Castro Ruz, tout en respectant leurs différences et en promouvant tout ce qui est bénéfique aux deux nations et aux deux peuples. Mais il ne faut pas s’attendre qu’en échange Cuba fasse des concessions sur des questions inhérentes à sa souveraineté et à son indépendance, ni qu’elle accepte des conditions, de quelque nature qu’elles soient.

Toute stratégie visant à changer le système politique, économique et social à Cuba, que ce soit par des pressions et des diktats, ou par des méthodes plus subtiles, est vouée à l’échec

C’est le peuple cubain qui continuera de décider en toute souveraineté, comme il l’a fait depuis 1959, des changements qu’il conviendra d’apporter à Cuba, telle, en l’occurrence, l’actualisation de notre modèle économique et social.

Comme nous l’avons fait depuis le triomphe du 1er janvier 1959, nous courrons tous les risques et continuerons résolument, sûrs de nous, de bâtir une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et durable.

La Havane, le 16 juin 2017

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